Roger Waters in 2010. Photo by GabeMc.

Roger Waters casse le mur encore et toujours!

À Montréal, le rocker britannique appelle à la fin de l’apartheid israélien.

Le 14 juillet dernier, le cofondateur du groupe Pink Floyd était l’orateur principal d’une conférence en solidarité avec le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) au Canada, au Québec et à Montréal plus particulièrement. En effet, à la veille de son concert au Centre Bell, il a tenu à donner un coup de chapeau aux militant-es du groupe Solidarity with Palestinian Human Rights (SPHR) McGill qui ont réussi à faire passer une motion de solidarité avec la Palestine au sein de l’association étudiante.

Cette conférence à laquelle ont participé plus de 200 personnes était co-organisée par le Canadian Foreign Institute Policy, SPHR McGill et le Comité de solidarité internationale du Conseil central du Montréal métropolitain de la CSN. Le Parti communiste et la Ligue de la jeunesse communiste ainsi que le Mouvement québécois pour la paix faisaient partie des organisations endossant l’évènement.

« À 70%, c’est une cuisante défaite pour les sionistes », déclare-t-il en référence à la forte majorité par laquelle le vote est passé. Quant à l’administration de cette université anglophone privée et élitiste montréalaise qui n’a pas ménagé d’efforts pour violer la démocratie étudiante et s’assurer que le vote ne soit pas reconnu, Waters n’a pas hésité à rappeler qu’elle n’est que la voix de ses maîtres.

Revenant sur son parcours de partisan de la cause palestinienne, Waters souligne l’importance du mouvement BDS dans l’éducation des masses populaires. Lui-même, qui a refusé de jouer à Tel-Aviv en 2006, rappelle qu’au tournant du millénaire il ne connaissait rien de la question de Palestine. Aujourd’hui, il sait remettre en perspective l’essence colonialiste du projet sioniste. Il ajoute qu’il y a quelques années, parler d’apartheid israélien vouait à l’anathème. Aujourd’hui, personne qui a un QI « plus élevé que la température ambiante » ne peut en faire l’économie.

Lors de la période de questions suivant la conférence, Waters persiste et signe lorsqu’un journaliste lui demande si ses prises de position politiques l’aliènent d’une partie de son public. Il maintient avec fermeté que les peuples ont raison et que ce sont les dirigeants qui mentent.

À la question « quelles seraient les conditions pour que vous acceptiez une tournée en Israël », il répond avec aplomb que seule la fin de l’occupation et l’égalité de droits politiques et civiques entre tous et toutes eu égard à leur origine ethnique (soit la fin du régime d’apartheid) l’encourageraient à y retourner. « Je crois en la démocratie », souligne-t-il avant de se lancer dans une tirade où il rappelle que les soi-disant démocraties occidentales bafouent la démocratie sans vergogne.

Roger Waters n’en est pas à sa première apparition en tant que solidaire des peuples du monde à Montréal. En novembre 2018, il avait appuyé la Grande conférence du Centre international de solidarité ouvrière (CISO) en appelant les travailleur-ses à se solidariser avec le peuple palestinien. En mai dernier, il a également signé une lettre d’appui à la campagne de SPHR McGill. Outre la Palestine, le rocker britannique n’a pas hésité à joindre sa voix à l’opposition à Jair Bolsonaro au Brésil, à appuyer les étudiants grévistes de Colombie, à dénoncer le concert en appui à l’usurpateur Juan Guaidó au Venezuela et à appeler au droit à la souveraineté des nations latino-américaines en général.